Dompter le stress   

Examen, oral, concours, compétition sportive ?

Votre cœur s’emballe, vos entrailles se nouent, vous respirez plus vite et ne parvenez plus à réfléchir clairement.

        Pire, vous avez l’impression de tout avoir oublié. Tout ce que vous étiez sensés savoir pour ce moment fatidique qui vous terrifie. Et si vous échouiez ? Et si ces mois de travail, d’entrainement, finalement finissaient pulvérisés par cette tension, ce malaise qui vous envahit, vous paralyse… Tous, nous le connaissons. Sans exception.
Nous avons appris à le reconnaitre, le craindre le plus souvent, ou le dompter, plus rarement. Le dompter pour en tirer la force exceptionnelle qu’il confère au boxer avant le premier round, l’acuité mentale hors du commun du Grand Maître International d’échecs avant la dernière ronde d’une finale de championnat du monde… Car s’il peut être le plus vicieux des ennemis, il deviendra incontestablement le plus grand allié de qui sait en tirer profit.

Qu’est-ce que le stress ?

       Les sources potentielles de stress jalonnent nos existences, obstacles innombrables. Ses effets dépendent de chacun de nous, mais aussi et surtout, pour une personne donnée (tien, vous par exemple), de la façon dont vous décidez de l’appréhender, et du moment auquel vous le subissez. Nous avons tous entendu parler des notions de « stress positif » (celui du boxer ou du joueur d’échecs), et de « stress négatif » (le votre ?).

Cette distinction est-elle fondée ?

       Le stress n’est pas à considérer comme une entité bicéphale tantôt vile et cruelle (rappelez-vous le visage de votre examinateur le jour de l’oral de français…), tantôt stimulante et mobilisatrice (une gorgée de potion magique). Il s’agit bel et bien d’un seul et même phénomène : ce n’est pas lui qui détermine les conséquences sur votre organisme.

C’est VOUS. Et vous seul.

Explication des mécanismes :

Il existe deux principaux cas de figure.

  • Tout d’abord, si le stress est bref, éphémère (la fille/le mec ultimissime à aborder absolument dans les trois secondes qui suivent), et surtout si vous percevez la situation comme un défi, votre organisme réagit par la libération, entre autres, d’adrénaline (et oui, la fameuse) et de noradrénaline (de l’adrénaline « mal fignolée ») dans votre sang.

    Conséquences : augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle pour l’adrénaline. Stimulation de vos fonctions d’analyse de la situation à la lumière de vos expériences passées (vos innombrables râteaux/succès…) pour la noradrénaline.

    Le stress se révèle alors dans ce cas là un véritable « booster » de vos fonctions cérébrales. Vous êtes alors en état, tant intellectuellement que physiquement, d’affronter le facteur de stress. Votre organisme tout entier est tourné vers cet objectif, ce défi à relever.
  • Mais si le stress est intense et prolongé, et c’est ici typiquement le cas de l’examen, du concours, tournoi etc., les mêmes mécanismes interviennent selon le même schéma, tout au moins dans un premier temps. Car bien entendu vous aurez saisi la différence majeure avec la première situation : la durée. Toutes ces substances ne sauraient être libérées dans votre sang éternellement et sans fatiguer votre organisme.
    Ainsi apparait le facteur épuisement, quand le stress « positif », fatalement, devient « négatif ».


  •        Le jour J approche. A chaque fois que vous y pensez, votre rythme cardiaque accélère et vous percevez cette sensation caractéristique et trop bien connue qui irradie dans votre poitrine, se répand au reste de votre corps. Vos mains tremblent. Votre respiration est plus rapide, vous soufflez bruyamment. Vous essayez de l’évacuer. Le combattre.
    C’est la première phase : la phase d’alarme. Les mécanismes sont ceux que votre organisme met en jeux pour affronter un facteur de stress passager et imminent, distant de quelques instants, quelques heures au maximum. Or vous devrez tenir encore plusieurs jours avant la consécration, ou l’échec lamentable…
           Ainsi se met en place la deuxième phase : la phase de résistance. La mobilisation doit être totale. L’ensemble des réserves de votre organisme sont mises à contribution, par la libération (entre autres) dans votre sang d’une substance bien connue : la cortisone. Cette phase est la plus longue, et, en vue de l’épreuve à surmonter, la plus importante. Pendant toute sa durée, vous êtes prêts à affronter le facteur de stress, à le surmonter. A vaincre. C’est durant cette phase que le Grand Maître aborde sa finale, durant cette phase que le boxer monte sur le ring. Vos capacités mentales sont à leur maximum, votre mémoire est stimulée, et votre corps dopé naturellement pour une victoire éclatante. Le stress est « positif ».
           Mais rien n’est éternel. Imaginez une seconde que vous passiez la veille du jour J à psychoter compulsivement. A réviser frénétiquement vos notes/stratégies, plus stressés que jamais. Imaginez que la veille, vous passiez de la phase de résistance à la phase d’épuisement. Le voilà, le stress « négatif ». Celui qui draine vos réserves psychologiques et physiques, qui vous rend plus vulnérable aux maladies, à long terme peut vous faire sombrer dans la dépression, et ronge votre santé aussi surement que les produits dopants que vos concurrents auront peut-être pris pour vous surclasser en détruisant la leur…
           Ou peut-être, après avoir compris ces mécanismes, entrerez vous dans une véritable phase de gestion de votre travail, de votre fatigue, et monterez sur le ring en phase de résistance…



Le domptage proprement dit

       Vous l’aurez donc compris, face à une épreuve votre organisme met à votre disposition les moyens nécessaires pour la surmonter.

Mais encore faut-il savoir les utiliser à bon escient, et pas pour vous saborder…


       Qui, en proie à un stress intense, n’a jamais commis une erreur stupide ? Qui, blême ou écarlate, n’a jamais bafouillé, trébuché, échoué ? Ou pire : vous êtes restés paralysé, incapable d’articuler quoi que ce soit de cohérent…

Et bien souvenez vous. Comment perceviez-vous la situation ? Réfléchissez…

       Vous la perceviez comme une agression d’un environnement hostile, une attaque venue de l’extérieur, un empiètement terrifiant sur votre monde intérieur. Terrifiant, et inacceptable. Une situation que tout entier, vous refusiez. Mentalement, puis viscéralement. Chaque infime partie de votre être hurlait « NON ! ». Non ce n’est pas le moment, non je ne suis pas prêt, non ça ne devait arriver ainsi, non… Alors votre organisme a mis en place des mécanismes pour vous protéger de cette agression.
Vous la refusiez ? Vous ne vouliez pas agir ? Et bien soit, il vous a permis de vous replier sur vous-même, vous a paralysé. Il vous a fourni toutes les excuses dont vous rêviez, tout au moins inconsciemment, pour ne pas agir.
       Il n’a rien fait de moins que… vous obéir.

Car ne l’oubliez jamais,

c’est VOUS le chef :

       L’être humain est une machine éminemment complexe, et éminemment performante. Taillée pour affronter toutes sortes d’agression, de façon « autonome », indépendamment de votre volonté. Vous ne décidez pas de stresser. L’arsenal se met en place sans votre consentement.

Mais vous n’en êtes pas pour autant condamné à subir passivement, au contraire !

       Une fois l’armée recrutée, c’est au général de positionner ses troupes : il peut attendre, ou bien se tourner vers la défense, l’attaque, ou encore refuser, et s’enfuir.

Vous êtes le général, le joueur d’échecs. Vous n’avez pas choisi la position initiale des pièces, mais il vous appartient de choisir qu’en faire. Et dans la vie comme aux échecs, croyez-moi ,

la meilleure défense, c’est l’attaque :

       La raison en est très simple. Devant votre examinateur, copie, adversaire, bref, devant le facteur de stress, que pensez-vous que l’on attende de vous ? De l’initiative, une réflexion claire, des choix. L’impulsion doit venir de vous.
Et si votre arsenal est tourné vers la défense, de quoi ferez-vous preuve ? Strictement l’inverse. Vous subirez ce que votre adversaire vous impose, vous baliserez devant la question à laquelle, avant même de la lire, vous étiez déjà persuadés d’être incapable de répondre.

Alors, comment envisager l’épreuve ?

       Vous l’avez déjà compris. Prenez les commandes. Votre organismes met à votre disposition des trésors de complexité biochimique, utilisez les. N’en ayez plus peur. Ils sont vos alliés. Le stress est votre allié. Orientez-le. Guidez-le. Tournez le, et tournez vous vers un but ultime : surmonter, vaincre, briller. Votre épreuve est un défi à relever. Rien de moins, et rien de plus. Et vous êtes là pour gagner.


Quelle que soit le challenge que vous ayez à affronter, si vous vous êtes donné les moyens de réussir, alors vous êtes un sportif de haut niveau. Bon match.






Sicrith, 2008

Mots clefs

 

examen

concours

compétition

stress

positif

négatif

défense

mécanismes

adrénaline

phases

domptage

Top 3 des articles

 

Recherche dans le
site et wikipedia :

Ajouter à mes favoris
beau@stylot.gif                                Laissez une trace de votre lecture !                                 
Pseudonyme Email
Objet :
Commentaire


Retour